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Au Coeur de l’Âtre


Dans la chambre des enfants tout est simple, et poignant. La fenêtre est ouverte. Elle bat, elle respire. L’eau de la pluie ruisselle sur les marches. Il faudrait d’autres paroles pour éponger une eau-mère si amère. D’autres musiques pour danser. Devant la fenêtre ouverte, transportée.

Jacques Dupin (Ecart)

 

Nous avons fatigué l’orée des bois au point de tarir le brin de sève,

les cheminées refoulent de ragots et la suie nitre le devant-soi d’efflorescences sépia

Le fruit percé sanguine entre les dents du râteau

pourtant il reste dans les reins des vertèbres qui s’opposent à l’abandon.

L’amour n’apparaît que dans de multiples contrefaçons, coeur étouffé au sein de la prothèse mammaire.

J’ai cru et bien que ne croissant plus à mon âge, je rêve toujours du m’aime bleu apparent. Stupide au milieu des petits-hommes, vaillant chevalier au chemin de la croisade enfantine. Le sac de billes au moyeu du vélo, la craie au bâton de marche, des moulins à la sortie du remous des castors. La vague humaine phosphoriphore en gilets obligatoires sur ses routes pour s’inventer un reste de présence. Pauvreté en tous domaines, le drame du bulbe pour lequel le bio n’a plus de recours.

l’imbécillité avance à grand pas vers un néo-no-bel.

Hourra les réseaux sociaux essaiment la solitude en grand-format.

Mes amours pochés  saignent sous les arcades. Le frisson se cherche au long des rues vides d’un centre-ville désaffecté. Vitrines à vendre, parcomètres volubiles et silence coupe-gorge.Refusant de mourir con, je tiens à le rester de tout mon vivant. Ainsi la bile qui ronge l’estomac ne viendra pas pisser dans mon encre. Le monde est décadent. Pas une raison pour sauter du train dans le précipice

Que la flamme vive !

Niala-Loisobleu – 6 Octobre 2017