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Ô MA BLANCHE

 

Moi je voulais tout connaître des Hommes

pour tendre à mes lèvres la compréhension de leurs animales postures
Savoir l'union qui de deux ne fait plus qu'un
Voulu
Désiré
Consenti
Faire parler ce que l'homme dit être l'amour
Pris d'un rut soudain aux détours de leurs Boulevards du Crime, vices en devanture
Dans l'écart des fentes du bas des riens
Au rose des touffes les plus noires
Emporté par le flot de torrents d'en vie
D'ô rages
Dans le vol des espérances les plus infantiles
Le nez collé comme un chien à casser les tringles des maisons d'abattage
Pour aimer l'autre versant de la déclarée putain
Son coeur vibrant au rythme du mien
Je reste l'enfant qui depuis le premier jour où il vit l'autre beauté du sein qui s'affaisse
Et vient se poser à la pointe du ventre qui a enfanté
D'une virginité volée
Je reste l'enfant qui tendit sa main à l'écart des aumônes
A cette infinie beauté qu'est l'âme de la Femme que trop d'hommes souillent
Sans jamais la désirer autrement que d'appêtit cannibale
A la lune déchirée des nuages
Loup jusqu'au gland de ma griffe ventrale je hurle je hurle
Ô ma Blanche que je t'aime
Que je t'aime libre de me vouloir
Que je t'aime libre de me choisir
Pour un bonheur sorti de ses clotûres comme un Tableau Expressioniste

Niala-Loisobleu 

4 Août 2017

Tableu de Paul Delvaux